Maison de tisserands 1610

 

 

LA BRASSERIE

 

 

Situées Au 27, rue du Gasset , ces deux vieilles maisons de tisserands furent construites en 1610.

 

HISTORIQUE :

Ce clos, dénommé brasserie (à l'époque synonyme de cidrerie) était exploité au XVIII è siècle par un Irlandais du nom de O’SULYVAN.

 

Les bâtiments existaient au XVII siècle, certifiés par un acte de vente, trouvé dans les archives du château de Quintin, qui atteste une revente le 23/06/1646 chez Maître COTE

(n° 5145 -5682 et 5693).

 A cette époque, il y avait trois maisons dont celle, coté Nord, qui fut démolie ultérieurement, les vestiges de la cheminée sur la maison restante l'attestent.

 

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    la maison du tisserand, rue des Degrés                    

 

  

Métier à tisser exposé actuellement

 

 

 

 

 Déjà tissées à Quintin, au Moyen-Age, les toiles de lin ont connu un grand développement de 1650 à 1830.

 

QUINTIN est alors devenue le cœur économique de la manufacture des « BRETAGNES ».

 

 

 

 

BREF HISTORIQUE DE

L’AVENTURE DU LIN

 

Sous l’ancien régime, la Bretagne est la 1ère province toilière de France. La petite ville de Quintin appartient alors à la grande zone de production des « Quintin », des toiles réputées pour leur finesse et dont l’apogée de la production se situe au 17ème et 18ème siècles.

 

C’est au début du 15ème siècle que Jeanne Du Perrier introduit la culture du lin autour de Quintin. Les toiles se font rapidement une très bonne réputation. Leur qualité est même garantie 2 siècles plus tard grâce à l’élaboration d’un règlement très stricte en 1676. Au début du XVII siècle, Quintin abritait près de 500 tisserands. La compétence de ces ouvriers et la qualité de leurs productions leur avaient permis de s’imposer sur le marché espagnol et dans ses colonies.

 

Les toiles sont alors exportées, au départ de Saint-Malo,  vers l’Espagne puis l’amérique. Sur les quelque 470 marchands toiliers que compte la cité malouine au 18ème siècle, 171 sont originaires de Quintin. Le tissage avait aussi donné naissance à des activités annexes comme le filage, le blanchiment des toiles et le transport, principalement vers les ports exportateurs Nantes, Morlaix. et de Saint-Malo.

 

La production n’est pas organisée comme dans le Léon, par exemple, autour des fabricants. Les négociants de Quintin se contentent d’acheter les toiles pour aller les vendre à Saint-Malo.

 

Le tisserand de son côté se procure lui-même le fil (provenant le plus souvent du Trégor) et l’installe sur son métier fait d’un cadre de bois de 2.5 m de long qu’il actionne manuellement. Son travail est long et parfois pénible. Il s’effectue à la lumière du jour, bien souvent de 6h le matin à 6 h le soir.

 

Malgré le poids de la production et le volume de vente très important (10 millions de livres entre 1750 et 1775) la plus-value ne profite guère aux villages de tisserands situés aux alentours de Quintin. Seule la ville en tire véritablement parti et connaît un bel essor.

 

Les gros marchands et négociants Quintinais font, en effet, construire hôtels particuliers et belles demeures en granit. Ils s’installent dans la Grande-Rue, sur les places du Martray et de la République ainsi que dans la rue Saint-Thurian et la rue au Lin. Les maisons beaucoup plus humbles des tisserands se trouvent quant à elles, regroupées dans le quartier qui descend vers le gouet.

 

Si le budget de la fabrique de Quintin est relativement élevé (1200 livres par an), il n’en est pas de même dans les villages voisins. Contrairement à la région du léon, les campagnes de Quintin, malgré l’artisanat, restent très pauvres. Aucune construction religieuse de prestige n’est lancée, ce qui est assez révélateur de cette pauvreté générale.

 

Cet état de fait s’explique par la misère des sols qui relègue l’agriculture au rang d’activité annexe peu importante pour le tisserand. Ce dernier se contente de tisser sa pièce de cinq aunes pendant la semaine et de la revendre contre du fil et du pain le jour du marché. En période de récession, il subit la crise de plein fouet.

 

Bien que très renommée, l’activité toilière Quintinaise va péricliter après la Révolution. Elle ne peut plus faire face, ni à la concurrence Anglaise et Prussienne, ni à l’arrivée en masse du coton sur les marchés. Le XIXème siècle qui a vu l’accession à l’indépendance de l’Amérique latine, a vu aussi la fin de l’exportation des toiles. Les conséquences économiques et humaines ont été catastrophiques.

 

 

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